Mise en ligne : mardi 29 avril 2014

De nombreuses personnes ont suivi les cérémonies commémoratives qui se sont déroulées dimanche 27 avril en présence du maire Jacques J.P. Martin, de plusieurs élus de la municipalité, ainsi que de représentants des communautés juives, d’associations d’anciens combattants et des différents corps constitués.


Réuni dans un premier temps autour du monument FFI, élevé en l’honneur des forces de la Résistance, le public a écouté le message des associations de déportés, lu par le sous-préfet Michel Mosimann avant le dépôt traditionnel des gerbes. Le maire a accompli ce geste d’hommage avec Paulette Saguier, ancienne résistante.



La commémoration s’est poursuivie devant l’Hôtel des Coignard, sur le parvis qui porte depuis 2013 le nom de Roger Belbéoch. Adjoint en charge du devoir de mémoire, Sébastien Eychenne a retracé la vie de cet homme remarquable, qui a sauvé des vies au péril de la sienne en rejoignant la Résistance. Fonctionnaire de police au commissariat de Nogent (situé à l’époque dans l’Hôtel des Coignard), il sauva notamment de nombreux Juifs de la déportation en désobéissant aux ordres. Nommé Juste parmi les Nations en 1984 par le musée-mémorial de Yad-Vashem à Jérusalem, il reçut le titre de chevalier de la Légion d’honneur en 2000.


En souvenir des victimes de la Déportation, des roses blanches ont été déposées par plusieurs personnalités, dont Gérard Uzan, président de la communauté consistoriale de Nogent, Le Perreux et Bry, le rabbin Elfassi, mais aussi des déportés et fils et filles de déportés, notamment Hélène Alembik, rescapée des camps, et Micheline Knoll, qui échappa aux mesures anti-juives du gouvernement de Vichy.

Le rabbin Elfassi a chanté l’hymne aux morts en souvenir des enfants victimes des rafles.

VIGILANCE

Dans son discours, le maire Jacques J.P. Martin a rappelé les faits et les chiffres, terribles, qui parlent d’eux-mêmes : le décret du 4 octobre 1940 signé par Pétain qui permet « l’internement de ressortissants de race juive » dans des camps spéciaux, la création du commissariat général aux questions juives au printemps 1941, la rafle du « billet vert » du 14 mai 1941 et la déportation des Juifs étrangers dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Environ 5 000 Juifs de la région parisienne y furent internés, entre 15 000 et 18 000 Juifs au total, avant leur déportation vers les camps d’extermination d’Auschwitz et de Sobibor. Parmi les internés, 4 700 enfants dont 4 400 déportés et assassinés.

Visiblement ému, le maire a souligné que « le silence et l’indifférence seraient réellement coupables. (…) Notre responsabilité aujourd’hui et demain sera de conserver une mémoire vivante vis-à-vis de ces années noires, pour faire en sorte que toutes ces victimes innocentes sortent de l’anonymat. » Il a appelé les jeunes générations à redoubler d’attention face au risque de dérive des discours xénophobes, racistes ou antisémites, qui ressurgissent souvent dans les moments de crise économique et sociale.

* La loi du 14 avril 1954 a consacré le dernier dimanche d'avril « Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation », au cours de laquelle la nation honore la mémoire de tous les déportés sans distinction, et rend hommage à leur sacrifice.

Lire le discours du maire



  

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