À l’occasion du centenaire de l’affaire de la bande à Bonnot.
L’exposition présentera de nombreux documents : photographies, cartes postales, estampes, journaux ainsi que la reconstitution d’une scène de commissariat.
Exposition du 8 juillet au 30 décembre 2012.
Musée de Nogent :
36, bd Gallieni
Tél : 01 48 75 51 25.
www.musee-nogentsurmarne.fr
Ouverture :
mardi, mercredi, jeudi, dimanche de 14 h à 18 h ; samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre. Fermé le lundi, le vendredi et les jours fériés.
À noter : jusqu’au 24 août, la Ville de Choisy-le-Roi organise aussi une exposition sur la Bande à Bonnot, ainsi que promenades et débat.
Dans une époque de luttes sociales sans merci, ceux que la presse surnomme les « bandits tragiques » tiennent en haleine une France apeurée devant tant d’audace. L’affaire Bonnot représente le glissement de la cause anarchiste vers le grand banditisme et l’introduction en France du hold-up "à l’américaine", utilisant l’automobile naissante.
Une épopée fulgurante (décembre 1911 à avril 1912)
La bande, d’abord composée de Callemin, Carouy, Soudy, Valet et Garnier, se rencontre au siège du journal L’Anarchie dirigé par Kibaltchiche, un intellectuel russe qui rêve d’une anarchie composée d’amour et de raison. La violence de ses amis l’inquiète : tous commettent des vols et brûlent de passer à l’étape supérieure. Ils rencontrent Bonnot en novembre 1911. Mécanicien et « chauffeur » hors pair, il joue le rôle de chef. Les malfaiteurs multiplient les vols d’automobiles qu’ils utilisent pour leurs cambriolages et attaques de banques. Pendant quelques mois, huit personnes succombent sous leurs balles et deux autres sont grièvement blessées. Le 28 avril 1912, Bonnot est cerné lors d’un siège qui rassemble des milliers de spectateurs, il succombe à ses blessures. Le 14 mai 1912, Garnier et Valet sont à leur tour cernés et tués dans un pavillon de Nogent. Le reste de la bande et divers comparses sont jugés en février 1913. Quatre des membres sont condamnés à mort, mais trois sont guillotinés (Callemin innocente Dieudonné à l’annonce du verdict). Deux sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité (Carouy se suicide). Kibaltchiche écopera de 5 ans de prison puis jouera un rôle important dans la Révolution russe.
Une postérité romanesque
Les valeurs partagées par les membres de la bande (appétit pour l’instruction, hospitalité, solidarité, bonne humeur, respect des femmes …) contrastent avec la brutalité de leurs actes. Au final, il semble que cette affaire ait desservi la « cause anarchiste » : l’engagement politique de Bonnot ne lui servait-il pas d’excuse pour s’enrichir et devenir célèbre, comme il l’écrit dans son testament ? Cent ans plus tard, l’histoire est encore dans les esprits, mais enrobée d’un romanesque qui a inspiré des auteurs de bande dessinée ou des cinéastes. Le Val-de-Marne est particulièrement concerné par cette épopée des temps modernes. Trois faits spectaculaires s’y sont déroulés : l’assassinat par Bonnot de Louis Jouin (numéro 2 de la Sûreté Générale) à Ivry-sur-Seine ; le siège de la maison où Bonnot s’était réfugié à Choisy-le-Roi ; celui du pavillon de Nogent où s’étaient retranchés Valet et Garnier.
Ville de Nogent-sur-Marne - Place Roland Nungesser
Tél. : 01 43 24 62 00